Pleurotus (Fr.) P. Kumm.

Führ. Pilzk. (Zerbst): 24 (1871)

 

Genre (Fam. Pleurotaceae) cosmopolite comptant plus de 50 espèces, dont une dizaine en Afrique tropicale.

Sporophores à chapeau et pied latéral court ou réduit, avec ou sans voile universel. Chapeau convexe, ombiliqué à infundibuliforme, flabelliforme, dimidié, lisse, glabre, radialement fibrilleux ou subtilement squameux, sec, gluant ou glutineux, blanc, beige à gris bleuâtre, rose ou jaune. Hyménophore à lamelles profondément décurrentes sur le pied, parfois anastomosées, interveinées, blanches à crème, roses ou jaunâtres, arête généralement entière. Pied présent ou fortement réduit (absent), court, latéral ou excentrique, rarement central, plein, avec ou sans voile partiel; anneau généralement absent sinon fixe, membraneux et fugace. Contexte blanchâtre, immuable, mou à fibreux, coriace dans le pied. Sclérote présent ou absent. Sporée blanchâtre à crème, jaunâtre ou rosâtre, à teinte violette. Spores ellipsoïdes, généralement cylindriques, lisses, sans pore germinatif, inamyloïdes. Basides clavées, généralement 4-spores. Cheilocystides et pleurocystides présentes, à paroi mince. Système d’hyphes monomitique, avec ou sans boucles. Revêtement piléique de type cutis (rectocutis, epicutis). Trame des lamelles irrégulière.

Les Pleurotus sont des espèces saprotrophes lignicoles, mais aussi parasitaires en raison de leur nématophagie. Les sporophores se développent sur du bois, généralement dur. Plusieurs espèces ont un stade anamorphe (ressemblant à certains Leotia) qui est classé sous Antromycopsis.

La classification sub-générique des Pleurotus est difficile car pas mal d’espèces sont phénotypiquement variables et la confusion est possible avec des genres voisins (Njouonkou, 2011). Pleurotus est morphologiquement proche de Lentinus. Les Pleurotus ont en commun qu’ils sont nématophages, c’est-à-dire qu’ils piègent ou paralysent des nématodes avec des hyphes spécialisées ou via des toxines (Thorn et al., 2000).

Neonothopanus se distingue de Pleurotus par son goût amer et Hohenbuehelia par ses cystides métuloïdes (paroi épaisse) en forme de harpon. Pleurocybella porrigens est un sosie dangereux des Pleurotus qui cause de graves intoxications et de l’encéphalopathie (Saviuc & Danel, 2006). Il se distingue des Pleurotus par une chair très mince rendant le chapeau translucide, des spores globuleuses et par le fait qu’il pousse sur résineux (plantations de Pinus).

La majorité des espèces de Pleurotus sont utilisées dans au moins 35 pays du monde (Boa, 2004) et plusieurs espèces (dont P. ostreatus) sont cultivées à échelle industrielle. La vente d’espèces sauvages est rare comparée à celles obtenues de culture. La culture des pleurotes, sur base de souches sauvages ou importées, est pratiquée à travers toute l’Afrique tropicale (De Kesel et al., 2002; Dibaluka et al., 2010).


Clé des espèces comestibles d'Afrique tropicale 

 

1a. Sporophores se développant à partir d'un sclérote de grande taille = Pleurotus tuber-regium (Fr.) Fr.

1b. Sporophores se développant sur le bois mort = 2

 

2a. Chair et revêtement piléique jaunissant au séchage et au froissement = Pleurotus cystidiosus O.K. Mill.

2b. Chair et revêtement piléique immuables = 3

 

3a. Chapeau et pied couverts d'une pilosité abondante = Pleurotus djamor (Rumph. ex Fr.) Boedijn

3b. Chapeau et pied glabres = 4

 

4a. Revêtement piléique blanc à l’état jeune, crème à ivoire à maturité = Pleurotus flabellatus (Berk. & Br.) Sacc.

4b. Revêtement piléique jaune orangé à rosâtre à l’état jeune, jaune paille à blanchâtre à maturité = Pleurotus luteoalbus Beeli

 

 

Pleurotus pulmonarius (Fr.) Quél.

Pleurotus fuscosquamulosus D.A. Reid, Eicker & Decock