Gymnopilus P. Karst.

Bidr. Känn. Finl. Nat. Folk 32: 400 (1879)

 

Genre (Fam. Hymenogastraceae) comptant plus de 200 espèces dont moins d’une dizaine en Afrique tropicale (Pegler 1977).

Sporophores à chapeau et pied central, sans voile. Chapeau convexe à plan, généralement radialement fibrilleux à squameux, ou lisse, tomenteux, sec ou légèrement gluant, jaune, orange jaunâtre pâle, brun vif à brun terne, plusieurs espèces teintées de bleu ou de pourpre, surtout à l’état jeune. Hyménophore à lamelles sinuées, émarginées, décurrentes par une dent, jaunes à jaune-orange pâle, brun vif, tachées de rouille à maturité. Pied cylindrique, connecté ou non, avec ou sans voile partiel, anneau fixe ou rarement sans anneau. Contexte mou, immuable. Sporée brune à brun rouille. Spores ellipsoïdes, amygdaliformes, papillées, à paroi double, surface ponctuée à verruqueuse, sans pore germinatif distinct, inamyloïdes. Basides clavées, généralement 4-spores. Cheilocystides et pleurocystides présentes. Système d’hyphes monomitique, boucles présentes. Revêtement piléique de type cutis ou trichoderme; trame des lamelles régulière.

Genre à espèces saprotrophes à l’origine d’une pourriture blanche (fibreuse), généralement sur bois mort (souches, troncs, parfois copeaux de bois) d’arbres divers. Certains individus qui semblent pousser sur la terre décomposent en fait le bois mort enfoui sous le sol.

L’ornementation verruqueuse des spores est très similaire à celle des cortinaires, ce qui a mené les chercheurs à classer les Gymnopilus dans la famille des Cortinariaceae. Sur base de leur composition chimique et de leur écologie, Høiland (1990) a proposé de les transférer dans les Strophariaceae. Cette classification est confirmée par les analyses moléculaires de Guzman et al. (2003). La famille des Strophariaceae était polyphylétique et comportait un certain nombre de champignons hallucinogènes dont les Psilocybe qui sont utilisés comme stupéfiant en Europe et en Amérique du Nord et du Sud (Heim, 1978). Les espèces hallucinogènes de Psilocybe et tous les Gymnopilus sont maintenant classées dans la famille des Hymenogastraceae (Matheny et al., 2006). Signalons que 14 espèces de Gymnopilus contiennent de la psilocybine et que l’une d’elle, G. junonius, a été signalée de Tanzanie (Pegler, 1977; Härkönen et al., 2003), sur des troncs de Grevillea et d’Eucalyptus. Nous n’avons aucune indication que les Gymnopilus africains soient utilisés dans un but récréatif.

Au moins une espèce est utilisée comme aliment en R.D. Congo (Musibono et al., 1991; Eyi et al., 2011). L’utilisation des Gymnopilus comme aliment n’est pas sans danger. La confusion est possible avec les Galerina qui ont un habitus et un milieu de croissance similaires aux Gymnopilus et dont certains sont connus d’Afrique tropicale (Pegler 1977). Signalons que plusieurs représentants du genre Galerina sont des toxiques mortels qui contiennent de l’alfa-amanitine et de l’amatoxine. Sur le terrain, ils se distinguent de Gymnopilus par leurs chapeaux lisses et hygrophanes, mais seule une vérification microscopique permet de les distinguer avec certitude.