Agaricus L.

Sp. Pl. 2: 1171 (1753)

 

Environ 300 espèces connues au monde dont plus d’une trentaine en Afrique tropicale. Le genre (Fam. Agaricaceae) est taxonomiquement difficile et de nouvelles espèces sont encore régulièrement découvertes. Le genre abrite plusieurs espèces toxiques mais il est surtout connu pour ses espèces cultivées à l’échelle industrielle, notamment Agaricus bisporus, l’espèce comestible la plus cultivée au monde. Les espèces toxiques proviennent surtout de la section Agaricus sect. Xanthodermi et causent des intoxications relativement faibles. Une seule espèce (Agaricus aurantioviolaceus, connue d’Afrique équatoriale (Walleyn & Rammeloo, 1994), est présumée mortelle (Heim, 1978).

En Afrique tropicale les Agaricus ne sont généralement pas consommées par les populations locales (Rammeloo & Walleyn, 1993). Ces auteurs citent au total une vingtaine d’espèces consommées, la plupart en Afrique du Sud. Récemment une grande espèce, Agaricus subsaharianus a été ajoutée à cette liste (Hama et al., 2010).

Sporophores à chapeau et pied central, munis de voile au moins à l’état jeune. Chapeau convexe à plan, rarement umboné, glabre, radialement fibrilleux, squameux, sec, de couleurs diverses, blanche à jaune, gris, violacé, noir brunâtre ou même jaune-orange vif (Agaricus trisulphuratus). Hyménophore à lamelles libres, d’abord rosâtres, puis brunâtres, grisâtres, finalement brun-noir. Pied cylindrique, avec ou sans base bulbeuse ou radicante, parfois à cordons mycéliens, muni de voile partiel, avec anneau fixe, ascendant ou descendant, simple ou double, avec ou sans squames, membraneux ou épais, persistant ou fugace. Contexte mou et fragile, charnu ou mince, souvent blanc ou jaunâtre, immuable ou devenant jaune, orange, rouge, pourpre, gris ou noirâtre au froissement. Odeur forte, d’amande, d’anis, fongique ou synthétique désagréable. Les odeurs et les changements de couleur aident à différencier les sections (niveau infra-générique, réaction de Schaeffer). Sporée brun foncé, brun noirâtre à noire. Spores globuleuses, subglobuleuses à ellipsoïdes, lisses, à paroi épaisse, avec ou sans pore germinatif prononcé, inamyloïdes ou dextrinoïdes. Cheilocystides présentes ou absentes; pleurocystides absentes. Système d’hyphes monomitique à paroi mince sans boucles. Revêtement piléique du type rectocutis ou trichoderme; trame des lamelles régulière ou irrégulière.

Espèces saprotrophes, souvent grégaires sur sol ou litière, aussi bien en forêt qu’en milieux plus ouverts (prairies, champs, jardins, pâturages).


Clé des espèces comestibles d'Afrique tropicale

 

1. Chapeau et/ou pied immuable au froissement   Agaricus campestris L. 

1. Chapeau rougissant ou jaunissant au froissement  =  2

  

2. Chapeau et/ou pied jaunissant  =  3

2. Chapeau et/ou pied rougissant  =  6

 

3. Espèce très grande, -13 cm diam., chapeau blanc pur à petites squames blanches dressées  =  Agaricus subsaharianus L.A. Parra, Hama & De Kesel

3. Espèce plus petite, chapeau coloré à squames apprimées non blanches  =  4

 

4. Revêtement brun foncé à noir, fissuré radialement; stipe à bulbe nettement marginé  =  Agaricus volvatulus Heinem. & Gooss.-Font.

4. Revêtement plus clair, jamais brun foncé, densément squameux; pas de bulbe marginé  =  5

 

5. Squames brunes sur fond rosâtre; sporophore jaunissant faiblement  =  Agaricus goossensiae Heinem.

5. Squames brunes sur fond blanc; sporophore jaunissant puis devenant orange vif  =  Agaricus croceolutescens Heinem. & Gooss.-Font.

 

6. Stipe fistuleux, élancé et non bulbeux, 7-10 x 0,7-1 cm  Agaricus kivuensis Heinem. & Gooss.-Font.

6. Stipe plein, trapu et bulbeux, 3-5 x 0,6-1 cm, 2 cm diam. à la base  =  Agaricus bukavuensis Heinem. & Gooss.-Font. 

 

 

Agaricus bingensis Heinem.