Phlebopus sudanicus (Har. & Pat.) Heinem.

Bull. Jard. Bot. Etat Brux. 24:113 (1954)

 

Synonyme:

Boletus sudanicus Har. & Pat., Bull. Mus. Hist. Nat., Paris 15: 87 (1909).

Références illustrées: De Kesel et al. (2002), Guide champ. com. Bénin: 141, photo 23; De Kesel et al. (2017), Champ. comestibles du Haut-Katanga, ABCTaxa 17: 186, fig. 93; Härkönen et al. (2015), Zambian mushrooms and mycology: 163, figs 229 & 230; Heinemann & Rammeloo (1980): Fl. Ill. Champ. Afr. Centr. Fasc. 7: 129, pl. 21, fig. 3.

 

Macroscopie  Sporophores isolés ou grégaires. Chapeau 20-30(-35) cm diam., massif, d'abord convexe puis convexe-pulviné, lobé, déprimé; revêtement non-séparable, finement feutré, puis glabre, brun foncé (6D4-F5) au centre, vers la marge teinté de jaune-olivâtre (5E5, 4C4, 4BC7, 3B7), se tachant de rouge-brun (6F4) au froissement à l’état jeune; marge d'abord sub-enroulée, puis infléchie, débordante de 0,5-2 mm, rouge-brun (7E7). Pied 9-13 × 7-8(-9) cm, charnu, massif, d'abord ventru, ensuite largement clavé, plein, sub-excentrique; revêtement mat, sec, lisse à floconneux-tomenteux, parfois ponctué, sub-scrobiculé, zone supérieure (5 mm) orange-jaune vif (4A6-8), vers le bas jaune clair (4A4) mélangé à des teintes variant de jaune doré à kaki (4B6-D5) et taché de teintes brunes (7E7-8); mycélium basal blanc-jaunâtre, agglomérant les particules du sol et donnant au pied un aspect radicant. Pores ronds à ovales, réguliers à irréguliers, étroits, 2-3 par mm, jeunes jaune-olivâtre (4C4-D5), brun-orange (5C4) par froissement, finalement brun clair (6D6), plus jaune vif le long de la marge. Tubes à maturité 20-24 mm long, très courts près du pied et vers la marge, jaune cire à faibles teintes olivâtres (3B5), bleuissant, adnés, facilement séparables de la chair du chapeau et alors montrant une chair piléique orange (4B7). Chair du chapeau d'abord ferme, puis molle, épaisse de 3 cm à mi-rayon, jaune-blanchâtre (2A3), à la coupe très faiblement bleuissant-verdissant par endroits, finalement jaune clair (4A2-4). Chair du pied molle au centre, graduellement plus ferme vers l'extérieur, concolore à la chair du chapeau sauf les taches brunâtres dans sa base et sous le revêtement du pied. Odeur de caramel-noisettes grillées, finalement fongique et complexe. Goût doux-aqueux et acidulé, puis lentement (après 2 min.) évoquant Lentinula edodes, fort et complexe, agréable. Sporée olivâtre, jaunâtre brun, brun-moutarde (frais 5E6-4F6, sec 4E5).

 

Microscopie – Spores (6,9-)6,9-8-9,1(-9,4) × (5,1-)5-5,7-6,3(-6,3) µm, Q = (1,3-)1,27-1,41-1,55(-1,59), ellipsoïdes, ovoïdes.

 

Ecologie Ectomycorrhizien; miombo perturbé, plantation d'Acacia auricularifolia, Casuarina, Paspalum, Erythrina ou Citrus. 

 

Distribution géographique connue – Afrique tropicale. Bénin (De Kesel et al., 2002), Burkina Faso (Heim, 1936; Guissou et al., 2005), R.D. Congo (De Kesel et al., 2017; Hariot & Patouillard, 1909; Heim, 1936), Malawi (Morris, 1990; Williamson, 1975), Zambie (Härkönen et al., 2015).

 

Note – En Afrique, Phlebopus sudanicus est parfois considérée comme toxique (Morris, 1990; Pegler & Rayner, 1969)Une simple indigestion, causée par la consommation de grandes quantités et de spécimens vieux ou mal préparés, est souvent considérée par les populations locales comme un empoisonnement. Notons que la mauvaise digestibilité des espèces du genre Phlebopus oblige les consommateurs à les bouillir, comme en R.D. Congo où elle est très appréciée (Hariot & Patouillard, 1909; Heim, 1936) ou au Malawi où elle est préalablement séchée (Morris, 1990; Williamson, 1975).


Cliquez sur la carte de distribution pour visualiser les métadonnées des spécimens